La Pierre à Bécoua -968m

À 968 mètres d’altitude, la Pierre à Bécoua se dresse à l’extrémité du massif, avant d’atteindre les Bourgeois et de redescendre vers les Beaux. Suspendue au-dessus du Madoux, sur la commune de Cruet, elle marque la pointe la plus élevée de la dernière barre rocheuse de la montagne.

Ce site escarpé fut un lieu de refuge durant l’année 1944. Les maquisards y étaient dispersés, du col du Mont jusqu’aux Beaux. Venus de Montmélian, où se trouvait leur quartier général, ils montaient régulièrement à La Thuile pour s’approvisionner et trouver un peu de répit au chef-lieu.

Leur présence attira l’attention des troupes allemandes. Après la rafle de 92 résistants lors de la foire de Montmélian, le village fut mis à sac. Peu après, suivant les traces des maquisards, les Allemands gagnèrent La Thuile.

Début juillet 1944, à l’aube, ils arrivèrent par le hameau du Mont et descendirent au village du Lac. Ils pénétrèrent dans les maisons, mitraillette au poing, plaquant les hommes contre les murs, à la recherche d’armes et de fugitifs. La tension était extrême : l’une des maisons cachait alors Éric Steckel, violoniste et compositeur autrichien d’origine juive, réfugié au conservatoire — une présence qui aurait pu coûter très cher aux habitants.

La Pierre à Bécoua demeure aujourd’hui le témoin silencieux de ces heures sombres, lorsque la montagne servait à la fois d’abri, d’espoir et de danger.